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Les Côtes du Rhône : 2000 ans d'histoire

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  • 18-02-2013

 

Dès l’Antiquité, la vigne et le vin sont présents en Vallée du Rhône. Du vin antique à l'appellation d'origine contrôlée, histoire (très) exhaustive des vins de cette grande région viticole.

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Un apport des colons grecs
Les premiers plants de vigne en Vallée du Rhône sont probablement apportés par des colons grecs, 600 ans avant Jésus-Christ. Mais ces habiles marchands n’implantent pas de vignoble afin de maintenir le fructueux commerce qu’ils entretiennent avec les Gaulois.
Lorsque les Romains débarquent, à la demande de ces mêmes marchands pour sécuriser le pays, ils vont transformer la région. Car la conquête romaine, en plus de tracer des routes, de créer des villes, des travaux d’art ou d’immenses domaines, introduit la culture de la vigne et du vin en Vallée du Rhône.
On plante du blé dans les plaines, de la vigne et de l’olivier sur les terres moins fertiles et difficiles d’accès.
De souche paysanne, les légionnaires romains à qui l’on donne des parcelles en friches et des prisonniers de guerre, ne cèdent pas à la facilité. Ils plantent sur des coteaux très pentus, avec des cépages locaux qui résistent bien aux conditions climatiques. La proximité du Rhône leur assure un bon débouché commercial. On exporte ces denrées en Italie pour les échanger contre des produits fabriqués.

La naissance du vignoble de Vienne
Plutôt que de soumettre les Gaulois, les Romains préfèrent les « civiliser » en les intégrant à leur société. Dans le Nord de la Vallée du Rhône, les Allobroges se voient ainsi attribuer le privilège de planter et d’exploiter la vigne.
De là naît le vignoble de Vienne sur les deux rives du fleuve, au premier siècle avant Jésus-Christ. Pline l’Ancien rapporte, dans son « Histoire naturelle »,  que les Allobroges font de la réputation de leur vin une affaire d’honneur national : « On vient de découvrir une vigne dont le vin a naturellement le parfum de la résine de pin (et celui de la violette, ajoute-t-il quelques lignes plus loin) et fait la gloire de la banlieue de Vienne ».
Ce « vinum picatum » est l’ancêtre des vins des Côtes du Rhône septentrionales car le vignoble ne s’étend pas seulement à la périphérie de la ville mais descend plus au sud, jusqu’à Valence.

La vigne s'étend à toute la Vallée du Rhône
La vigne, au même titre que l’olivier, progresse dans toute la Vallée du Rhône. Là encore, Pline loue la qualité des vins issus des coteaux qui bordent l’Ouvèze (Violès, Rasteau, Roaix, Vaison la Romaine, Séguret, Sablet, Beaumes de Venise, Gigondas…), sur le territoire des Voconces.
Ces progrès portent tort aux grandes régions de production italiennes comme la Campanie, près de Naples, qui exportent leur vin en Gaule et dans les pays barbares du Nord de l'Europe.
C'est pourquoi, soucieux de protéger la viticulture italienne mais aussi de lutter contre la surproduction, le redoutable empereur Domitien interdit au 1er siècle toute plantation nouvelle en Italie et ordonne, dans les provinces, d'arracher au moins la moitié des vignes.
Cette mesure est paradoxalement bénéfique au vignoble rhodanien car on arrache surtout en plaine, là où poussent les céréales, préservant ainsi les terroirs les plus qualitatifs.
L’empereur Probus, 200 ans plus tard, permet par contre à tout Gaulois de posséder des vignes et de récolter du vin. Il rend ainsi accessible à l’ensemble des cités une possibilité de profit que les empereurs précédents réservaient à une partie seulement d'entre elles.
Malheureusement, il est trop tard. Dans les villes ruinées et dépeuplées par les grandes invasions des Francs, des Alamans ou des Vandales, la classe populaire n'est plus assez nombreuse pour assurer aux vins inférieurs un large débit.
Le déferlement des tribus barbares en Vallée du Rhône est fatal à la viticulture. Abandonnés par les légions romaines en débandade, les Gaulois se réfugient dans leurs anciennes forteresses haut perchées, les oppida, délaissant les cultures.
Le silence qui suit dure presque un demi-millénaire, même si de modestes vignobles dispersés persistent, permettant à la tradition du vin de rester enracinée dans la mémoire collective des hommes.

La renaissance après les invasions barbares
Au 9e siècle, la culture de la vigne redémarre grâce à la renaissance religieuse et au développement des voies de communication.
Grand propriétaire foncier, l’Eglise doit en effet percevoir des revenus conséquents pour construire des églises, des abbayes et des cathédrales à la gloire de Dieu. La plupart du temps, elle exploite elle-même ses terres grâce aux ordres monastiques qui contribuent beaucoup à améliorer la qualité des vins. Les Chartreux, les moines soldats des Templiers, les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem sont largement présents en Vallée du Rhône.
Par ailleurs, les valeureux chevaliers sont récompensés de leur engagement au service du Roi par des dons de terres. A eux de les mettre en valeur pour en tirer des revenus. L’agriculture, a fortiori la viticulture, profite largement de cette situation.
Au 13e siècle, le Roi de France vend au Pape Grégoire X le Comtat Venaissin, un vaste territoire compris entre le Rhône, la Durance et le Mont Ventoux qu’il vient d’arracher aux Comtes de Toulouse dans sa croisades contre les Albigeois.
En 1309, l’arrivée du Pape Clément V à Avignon marque le début d’une période de prospérité pour la ville et le Comtat Vénaissin. Les Italiens investissent ces terres riches, construisent de belles demeures, plantent du blé et, bien sûr, de la vigne. En plus d’échanger ces denrées contre des biens manufacturés, ils ne se privent pas d’en profiter.
La comptabilité de la cour pontificale indique ainsi que les trois quarts des vins consommés proviennent des pays du bas Rhône, tant du Comtat lui même que de lieux comme Pont Saint Esprit ou Beaucaire. Les papes eux-mêmes, comme le veulent alors les mœurs seigneuriaux, créent ou rénovent des parcelles de vigne autour de leurs châteaux. Châteauneuf du Pape en est le plus bel exemple.
Même après le retour de la papauté à Rome, à la fin du 14e siècle, les hauts dignitaires, parmi lesquels on compte des membres de l’aristocratie avignonnaise, continuent à apprécier les vins de la Vallée du Rhône en passant commande. En 1561, un marin de Martigues s’engage ainsi à porter à Rome « par navigage » 32 pièces de vin de Châteauneuf et de Laudun pour le Sieur de Crillon.
En dehors du marché avignonnais, le vin du Comtat est vendu à Aix en Provence et remonte en direction des Alpes du Sud où on l'échange contre du blé. Le vignoble s’étend. Celui de Châteauneuf de Gadagne par exemple représente, en 1414, presque la moitié des surfaces plantées aujourd’hui.
A Carpentras, ville de 3500 habitants dans le premier quart du 15e siècle, on compte une provision d'environ 300 litres par personnes. Et la communauté juive, qui y a trouvé refuge, s'inscrit dans cette civilisation de la vigne et du vin.

Conflits entre catholiques et protestants
En dehors du Comtat Venaissin, la viticulture n’est pas florissante. Quand elle ne fait pas les frais des incessants conflits entre catholiques et protestants, elle pâtit d’une polyculture imposée par la nécessité de se nourrir. Le blé et la betterave sont ses plus sévères concurrents.
De plus, les paysans subissent les pillages des grandes compagnies de Routiers durant la Guerre de Cent ans. Disette, peste, impôts et conflits entre Puissants ne favorisent pas l’essor du vignoble qui est uniquement destiné à la consommation locale. Dans les années 1560, autour de Roquemaure et de Chusclan, les vignes n'occupent que 20 % du territoire cultivé et ne valent pas plus cher que les terres labourables.
Quand, malgré tout, on arrive à implanter un vignoble de qualité, les vins sont bloqués ou lourdement taxés (voire pillés par les voleurs) dans les villes qu’ils doivent traverser pour rejoindre les grands centres de consommation. Malgré la voie de communication royale qu’est le Rhône, les vins rhodaniens s’exportent peu.
Ainsi, à la fin du 14e siècle, personne ne les connaît à Paris même si l’écrivain et conseiller de Catherine de Médicis, Michel de l'Hospital vante, en 1559, ceux de Tournon.
Les crus de Cornas et Saint Peray sont néanmoins appréciés à Lyon. En 1660, Boileau, dans Le Repas Ridicule, évoque les vins de l'Hermitage et le médecin et écrivain Guy Patin loue ceux de Condrieu.

Des expéditions partout dans le monde
L’ouverture du canal du Midi en 1680, le grand gel des vignobles du Nord de la France en 1709 et l’abolition des privilèges des grands villes au 18e siècle permettent, enfin, une ouverture sur Paris et l’étranger. En 1663, le vin de Tain l’Hermitage est bu à la Cour des Tsars de Russie. En 1666, il est offert par Louis XIV au Roi d’Angleterre, Charles II, pour fêter la restauration de la monarchie.
Les livres de comptes de la Maison Faure, négociant à Saint Peray, témoignent d’expéditions de Côte Rôtie, Condrieu, Saint Joseph, Hermitage, Saint Peray et Cornas vers les grands marchés du Nord de l’Europe. Parfois, les livraisons durent jusqu’à six mois quand les navires pris par la glace doivent attendre la fin de l’hiver !
Seuls les vins du Comtat Vénaissin ne profitent pas de cette embellie. Après la période faste du 14e siècle, la région est en effet peu à peu délaissée par les papes. Elle accumule un retard économique en comparaison du Royaume de France, bien géré par des hommes comme Sully, premier ministre d’Henri IV ou, plus tard, Colbert, durant le règle de Louis XIV.
Bloqués par la frontière, les vins sont peu exportés.
Les habitants se tournent alors vers l’élevage du ver à la soie, la fabrication du papier et le commerce, tout en conservant des cultures vivrières et quelques raisins de cuve. Car la construction de nombreux canaux d’irrigation leur permet de cultiver des fruits, des légumes et des raisins de table. On exploite aussi la garance pour sa matière colorante rouge, l’alizarine, extrait de la racine.
Finalement, la région s’enrichit, mais pas grâce au vin.

La naissance de la Côte du Rhône
C’est en fait sur la rive droite du Rhône que le vignoble rhodanien acquiert, au cours du 18e siècle, ses lettres de noblesse.
Etablie au 15e siècle sur les limites de l’ancien diocèse civil d’Uzès, cette région que l’on appelle la Côte du Rhône tire son nom de la proximité du fleuve. Car un fleuve aussi large est alors appelé « mer » et sa rive la « côte ». Sur ce vignoble où la vigne pousse sur des pentes bien exposées, à l’exclusion des plaines et de tout terrain pouvant recevoir des céréales, on applique dès 1615 des restrictions de plantation pour préserver la qualité. Chaque année, un ban des vendanges est fixé afin de ne pas récolter de raisins qui ne soient pas mûrs. En 1629, quand Louis XIII passe par Pont Saint Esprit, les édiles lui offrent des vins de la Côte du Rhône issus de Chusclan, Codolet et Laudun.
Couronnement de tous ces efforts, un Arrêt du Conseil d’Etat, en 1737, prescrit l’apposition des trois lettres CDR, signifiant Côte du Rhône, et la mention du millésime sur le fond des tonneaux pour une dizaines de communes (Roquemaure, Tavel, Lirac, St Laurent des Arbres, St Genies de Comolas, Orsan, Chusclan, Codolet…). L’objectif étant, selon les termes de l’Arrêt, de mettre un terme aux « abus qui peuvent se commettre en faisant passer les vins des mauvais crus pour ceux de véritable bon cru de Roquemaure et des paroisses voisines ».
Embarqués sur le Rhône à Roquemaure et à l’Ardoise, ces vins sont expédiés dans les pays de la mer du Nord et en Angleterre.
Mais ils pâtissent de la mauvaise qualité des tonneaux et sont victimes de leur succès. Pour répondre à la demande, on produit de plus en plus, provoquant une baisse de la qualité. Mal défendue, utilisée de plus en plus loin de la zone originelle, la dénomination Côte du Rhône perd son prestige.

Une extension sur la rive gauche du Rhône
La Révolution française, par la vente des biens nationaux et l'aliénation des biens communaux, modifie profondément l’organisation foncière du territoire de la Vallée du Rhône.
Le Comtat Venaissin est rattaché à la France et devient le département du Vaucluse.
A la fin du 18e siècle et durant le 19e siècle, la viticulture de la rive gauche du Rhône s'étend. Les vignerons y multiplient les tentatives pour utiliser le nom « Côtes du Rhône »… de leurs voisins gardois, mais en le mettant au pluriel ! Avec succès semble-t-il puisque l’agronome Jules Guyot, chargé par Napoléon III d’élaborer un rapport sur l’état et l’avenir de la vigne en France, y fait référence en 1864 pour décrire le vignoble allant de St Gilles à Tournon, en passant par Beaucaire.
Malgré les attaques de pyrale, de vers de la grappe et, à partir de 1848, d’oïdium, la vigne devient une source de revenu majeure, surtout après le déclin du ver à soie pour cause de maladie et l’effondrement de la culture de la garance, remplacée par l’alizarine synthétique.
A partir des années 1860, le développement du chemin de fer stimule encore davantage la production de vin. Le vignoble est florissant et, malgré des exploitations de petite taille à l’équilibre financier parfois précaire, l’avenir des vignerons s’annonce prometteur.

Le drame du phylloxera
Ces espoirs sont anéantis par un puceron venu des Etats-Unis : le phylloxera. Les premiers desséchements surviennent en 1863, à Pujaut, dans le Gard. Rapidement, le puceron s’étend sur la rive gauche du Rhône. Il ne sera identifié qu’en 1868 par Jules Emile Planchon. Avant que l’on ne découvre le remède en 1880 (le greffage de la partie aérienne de la vigne sur un porte-greffe américain dont les racines résistent aux piqûres de l’insecte) le vignoble de la Vallée du Rhône est presque détruit, du Nord au Sud. Car le phylloxera se propage vite dans la région : les sols argileux et le climat lui sont très favorables. Seuls les terrains très sableux ou régulièrement envahis par les eaux lui résistent. Dans le Bordelais, où il ne sévit qu’à partir de 1869, il se répand trois fois moins vite.
Le phylloxera a des conséquences dramatiques en Vallée du Rhône : la misère, l’exode… Les vignerons replantent en zone inondable, donc très fertile, des cépages productifs et médiocres. L’arrivée du mildiou en 1878, lui aussi venu des Etats-Unis mais autrement plus redoutable que l’oïdium, impose des traitements répétés à la bouillie bordelaise (un mélange à base de cuivre), pour ne pas perdre la récolte.
A Châteauneuf du Pape, on s’oriente vers la culture du blé, des abricotiers et surtout des cerisiers.

Une lente reconstruction
La reconstruction débute à la fin du 19e siècle avec des pratiques bien différentes. Finie l’association vigne, blé et olivier ou arbres fruitiers, terminé le provignage qui permet de remplacer un cep mort par une repousse d’un cep voisin.
Moins rustiques et donc  plus fragiles, les cépages greffés ont en effet besoin d’engrais, de pratiques culturales répétées, sans compter les traitements pour lutter contre les nombreuses maladies. Le paysan doit désormais consacrer de longs jours à son vignoble qui accapare la plus grande partie de son temps. A côté des petites propriétés qui, dans le Vaucluse, vivent de la polyculture, se développent de grands domaines viticoles, la plupart du temps grâce à des investisseurs disposant de moyens importants.
Les rendements progressent en même temps que le vignoble algérien commence à concurrencer sérieusement les vins français. Certaines pratiques douteuses enrichissent les producteurs les moins scrupuleux.
Bref, les prix baissent et le remède de la distillation, déjà utilisé avant 1870, n’est plus opérationnel sur le plan économique car les betteraviers proposent désormais un alcool nettement moins onéreux. C’est la crise de 1907, particulièrement vive sur la rive droite du Rhône.
Même si la consommation de vin reprend lors de la Grande Guerre –en 1916, la ration du soldat est fixée à un ½ litre de vin par jour- cette crise a des conséquences importantes pour la viticulture rhodanienne. Tout d’abord, le regroupement des vignerons en caves coopérative s’accélère mais, contrairement au Languedoc, les caves ne sont pas enfantées dans la douleur. On se regroupe dans la crainte de difficultés… futures.
Le mouvement démarre dans le Gard (on compte six caves coopératives en 1924), s’étend dans le Vaucluse (une vingtaine de caves entre 1950 et 1966) et dans la Drôme (une dizaine sont créées durant les années soixante).

Les fondements de l'appellation d'origine contrôlée
Ensuite, les fondements de l’appellation d’origine contrôlée trouvent leur origine dans cette crise. Dans les Côtes du Rhône, le Baron Pierre Le Roy de Boiseaumarie est l’un des personnages clés de cette évolution.
Châteauneuvois par son mariage, juriste de formation, il a participé aux manifestations de Montpellier et connaît bien les difficultés des vignerons. Il décide de les aider et fonde les syndicats de vignerons de Châteauneuf du Pape (1923) et des Côtes du Rhône (1929) dans le but de valoriser le terroir, les pratiques et leur savoir-faire à travers l’appellation d’origine contrôlée.
Le combat est difficile : il faut convaincre l’ensemble des vignerons, parfois dans un climat très hostile de la part des négociants, et avancer sur le terrain juridique. Car l’appellation d’origine nécessite une reconnaissance officielle que le Baron le Roy, en bon juriste, décide de recueillir auprès des tribunaux.
La création de l’Institut national des appellations d’origine (Inao), en 1935, met un terme à cette débauche de moyens juridiques en se positionnant comme l’institution compétente de référence.

Des appellations promulguées rapidement
En Vallée du Rhône, compte tenu de l’antériorité et de la notoriété du vignoble, les appellations sont promulguées rapidement : Châteauneuf du Pape, Tavel, Saint Peray et Château Grillet en 1936, Côtes du Rhône, Hermitage et Crozes-Hermitage en 1937, Cornas en 1938, Côte Rôtie et Condrieu en 1940.
La Seconde Guerre Mondiale à peine achevée naissent les appellations Vin doux naturel Rasteau en 1944 et le Muscat de Beaumes de Venise en 1945, Lirac en 1947, Saint Joseph en 1956.
Cette même année, la destruction des oliveraies par le gel joue un rôle déterminant car la vigne conquiert les espaces forestiers. On plante les “cépages améliorateurs” exigés par l’Inao, tout en profitant des progrès de l’œnologie moderne.
Les Côtes du Rhône intègrent chaque année de nouvelles communes jusqu’au jour où les responsables du Syndicat des vignerons jugent qu’il faut arrêter pour ne pas mettre en péril l’équilibre économique de l’appellation.
Les vignerons concernés par ces refus changent alors de tactique en fondant de nouvelles appellations : les Côtes du Ventoux et les Coteaux du Tricastin, promulgués en 1973, datent de cette époque.
Preuve que l’appellation n’est pas une entité figée, au début des années cinquante, certains villages des Côtes du Rhône obtiennent l’autorisation de mentionner leur nom sur l’étiquette.
Ils préfigurent ce qui deviendra plus tard, en 1966, l’appellation Côtes du Rhône Villages.
Gigondas obtient, en 1971, son accession en appellation locale (ou « cru »). Vingt ans plus tard, ce sera au tour de Vacqueyras. Puis suivront Beaumes de Venise, Vinsobres et Rasteau.

La p'tite cote
Dans les années soixante, le succès des Côtes du Rhône est tel que l’appellation atteint des volumes de production inquiétants.
Et, mis à part quelques domaines viticoles anciens, les vignerons ne s’intéressent pas à la mise en bouteilles à la propriété. Ils vendent en vrac leur vin qui est consommé sur les zincs parisiens. C’est l’époque de la « p’tite côte » populaire servie au comptoir.
Il aurait été dangereux de continuer dans cette voie. Heureusement que des hommes - vignerons et négociants - ont su prendre les devants en expliquant aux vignerons qu’ils faisaient fausse route. De cette époque date l’organisation professionnelle particulièrement efficace des Côtes du Rhône, les premières campagnes de publicité et la prise de conscience qu’il fallait maîtriser la commercialisation en France et exporter davantage. Les progrès techniques dans les caves sont spectaculaires et les installations modernes se multiplient alors, plaçant la Vallée du Rhône parmi les régions viticoles les mieux équipées de France.
Confrontés aujourd’hui à la concurrence des vins australiens ou chiliens, les Côtes du Rhône continuent à aller de l’avant, tout en conservant cet esprit d’appellation originel qui les anime depuis toujours.


Sylvie Reboul

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